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vendredi 27 mai 2016

Le prochain numéro de Bazzart porte sur le bijou contemporain.




Ce petit article sur mon travail va paraitre bientôt dans le prochain numéro du magasine Bazzart!  Celui-ci est consacré au bijou contemporain.  Plusieurs de mes collègues et amies y sont représentées, notamment les filles du Collectif Filière 11 qui fait lui-même l’objet d’un bel article qui est disponible en ligne dès maintenant.


Collectif Filière 11.  De gauche à droite : Karine Gosselin, Catherine Sheedy, Mélanie Denis, Annie Loiseau, Sonia Beauchesne, Emily Lewis, Stéphanie Letarte, Anne-Marie Rébillard, Sophie Bélanger, Karine Rodrigue.


Les membres du collectif Filière 11 sont présentement en résidence artistique à l’École de joaillerie de Québec, qui a débutée en mars et ce, jusqu’en septembre 2016. Ce projet est sous la thématique Perception et sera suivie d’une expo.

mercredi 10 février 2016

2014, 2015, 2016!

Pour toutes sortes de raisons, des bonnes et des moins bonnes, j’ai peu écrit dans ce blog ces deux dernières années.

Aussi avant d’ouvrir mon jeu pour 2016, j’estime qu’il serait d’à propos de faire un petit « wrap up » de 2014 et 2015, histoire de repartir du bon pied.

2014

2014 a été une belle année.  J’ai commencé à vendre dans les boutiques de musée et j’ai fait trois salons de métiers d’art ou j’ai trouvé ma clientèle, tout particulièrement à ceux de Sherbrooke et de Rimouski, ou il m’a semblé, il y a beaucoup de dames élégantes et cultivées qui affectionnent les produits faits main! ;)  J’ai même gagné le prix Présentation du stand et des produits à Plein art, ce qui va valu ma photo dans le journal et un court instant au bulletin télévisé avant la météo.  (Oh que Maman était fière!)




Sur la voie parallèle, j'ai continué bon petit bonhomme de chemin dans la recherche (pas mal) expérimentale en bijou contemporain avec l’expo LE LABO IV à la Galerie Noël Guyomarc’h et la première expo du collectif Filière 11, Page Blanche ou je me suis amusée à créer des pendentifs polymorphes avec de la Crasy Carpet.


LABO III - Polymorphie


2015

2015 a été une année différente.  J’ai dû renoncer à m’inscrire à des salons pour des raisons familiales qui n’ont rien à voir avec la joaillerie.  Je peux le dire maintenant, je m’ennuie d’être en contact direct avec mes clientes, ces belles dames allumées qui me donnent le gout de développer toujours de nouvelles pièces.  Par chance, quelles que unes d’entres elles sont venues me voir à l’atelier! ;)

J’ai commencé l’année en présentant mes pendentifs polymorphes de 2014 à l’occasion d’une expo présentée par la très chouette Revengeance des duchesses au Musée national des beaux-arts du Québec.  Comment faire autrement, alors que la seule contrainte est d’utiliser de la Crasy Carpet!

Malgré le ralentissement de mes activités, j’ai eu la surprise d’attirer l’attention de l’équipe de Silent Noise Jewellery  à Kelowna qui m’a offert un nouveau point de vente inattendu.   La  belle boutique du Musée national des beaux-arts du Québec m’a aussi accueilli dans ses murs distingués.  À chaque fois que vais y porter de nouvelles pièces, je m’en félicite.  Ma collection y est bien présentée et toute l’équipe est aussi enthousiaste qu’efficace!

Je me suis fait un cadeau, je me suis inscrite à la classe de maitre de  Katja Prin  : “To Extend: Halfway and Beyond”.  Pendant quatre jours, cette dernière nous a accompagné et poussé dans notre recherche artistique en partant de nos histoires personnelles comme matériaux de basse.  Je retiens sa méthode des « 3D sketches », ou associant des objets sortis de leur contextes on en arrive à « dessiner » des formes nouvelles. 














J’ai commencé une collaboration artistique avec mon amie et collègue Catherine Granche.   Cette dernière conjugue la porcelaine et le métal avec une sensibilité d'horticultrice.  Cette première tentative de faire se rencontrer nos deux univers a accouché de trois pièces. 



Collaboration Granche-Rodrigue


Celles-ci ont été présentées à la Galerie Noel Guyomarc'h à l’occasion de l’expo Le Labo 2010-2015.   (Un catalogue a été publié pour l’occasion; il est fort beau!)  





J’y ai aussi présenté un Renard et un Ours en pendentif, avec la volonté de concevoir des pièces en Keum-Boo plus construites et géométriques que ce que je présente dans ma collection régulière.  




2016

Ayant eu que très peu de temps et d’énergie à céder à la création l’an passé, je me retrouve aujourd’hui avec une accumulation d’idées inabouties et de projets qui veulent gicler de mes carnets.

En voilà quelques uns en vrac:

Je vais donner pour une première fois un atelier de formation portant sur le Keum-Boo,  à la session d’hiver, à l’École de Joaillerie de Québec.   Voilà des années que je perfectionne mon approche de cette formidable méthode et je suis maintenant prête à partager ce que j’ai appris.




Le collectif Fillière 11 prépare son retour! 

Je poursuis notre collaboration avec Catherine Granche.  Ce qui en émergera sera présenté en galerie cette année, date et lieu à confirmer.

Et enfin, je veux m’assoir à mon banc pour créer les nouvelles pièces qui chatouillent mes doigts restés trop longtemps au repos!  Je prévois la création de toutes nouvelles petites choses exquises et des rééditions revampés des modèles qui me sont redemandé.  J’ai hâte de vous montrer tout cela.  J’ai beaucoup de pain sur la planche!


Tout frais du laminoir, quelques copeaux de feuilles d'or 24K a peu près parfaits. À peu près. Je vais devoir découper les motifs en évitant les "boutes" pas beaux!



mardi 12 août 2014

Page Blanche de Filière 11

Alors que Plein Art commençait, s’amorçait aussi l’exposition Page Blanche du Collectif Filière 11 duquel je fais partie avec 11 autres joaillières.  Cette expo est présentée du 29 juillet au 27 août, à la galerie de la bibliothèque Gabrielle-Roy. 



Basé à Québec, Filière 11 est un jeune collectif de joaillières qui œuvrent dans le domaine du bijou contemporain depuis plus de deux ans. Selon l’historienne de l’art Monica Brugger, cette discipline artistique se définie comme suit: « À la différence du bijou traditionnel […], le bijou contemporain, depuis les années 1970, devient un champ d’expérimentations aux frontières de l’art, du design et des métiers d’art »[1]. En s’appropriant différentes matières et en repoussant les limites de la joaillerie traditionnelle ce groupe s’identifie à ce courant. Leur approche innovatrice du bijou navigue sur une vague moderne encore naissante en Amérique du Nord. Le bijou contemporain questionne à la fois l’aspect technique de ce métier d’art et l’esthétisme propre à ce champ de création. D’autre part, il fracasse les préceptes imposés par l’histoire du bijou et défie les structures établies, par exemple en présentant des bijoux d’aspect sculptural ou porteur d’un message. Au cours d’exercices de création, les créatrices mettent à l’épreuve leurs convictions artistiques, procèdent à des débats d’idées, et donnent vie, par des interventions multiples, à des œuvres de joaillerie non-conventionnelles. Ces expérimentations conceptuelles poussent les joaillères à sortir de leur zone de confort et les incitent, par le fait même, à se dépasser. Filière 11 se donne pour mission de rendre fascinant et accessible la création de bijoux artistiques actuels. 

Les joaillières du collectif Filière 11 proposent l’exposition de bijoux contemporains Page Blanche. L’idée de cette thématique provient du syndrome de la page blanche, rencontré tant par l’artisan qui transforme la matière, que par l’écrivain qui manipule les mots.

Chacune des membres du collectif proposera un triptyque de bijoux sculpturaux en combinant de façon innovatrice le développement conceptuel et la recherche d’un nouvel esthétisme en fonction de son interprétation du sujet.

La joaillerie contemporaine est une jeune discipline encore naissante en Amérique du Nord, qui repousse les limites de la joaillerie traditionnelle en utilisant, entre autres, des matières et des techniques non-conventionnelles à ce métier.

Pour ma part, j’y présente « Polymorphe, Triptyque » fabriqué à partir de crazy capet (la crazy carpet est une intéressante source de feuilles de plastique),  d’aluminium, d’argent, de verre et de caoutchouc.






En littérature comme dans les autres disciplines, un artiste crée à partir de ses intérêts récurrents, les idées fixes qui constituent son matériel de base.  Un concept, même rebattu, peut se renouveler si on l’aborde d’un angle inédit, si on l’écorche ou le métisse à autre chose. 

Je propose trois pendentifs sont identiques mais polymorphes, comme un même argument retravaillé, transformé par l’application même de sa répétition.  A tout moment on peut les manipuler, comme des jouets, les étirer, les écraser, de façon à changer leur rapports les uns au autres.   Comme une idée vivante qui ne peut être arrêtée, car toujours en train de se renouveler par l’exercice de la création.




[1] Brugger, Monica (commissaire), 2010, Un peu de terre sur la peau -Bijoux contemporains en céramique, 16 juin au 16 octobre, catalogue d’exposition, Fondation d’entreprise Bernardaud, Limoges.